Publié le 22 décembre 2025

Le Maire a reçu les agriculteurs en pleine crise de la dermatose nodulaire

Le Maire a reçu les agriculteurs en pleine crise de la dermatose nodulaire

Dimanche 21 décembre, en pleine crise agricole, près de 80 tracteurs et 300 agriculteurs sont venus au Sanctuaire de Lourdes. À cette occasion, Thierry Lavit, le maire, a reçu une délégation de la Coordination rurale, accompagné d’élus, en salle du Conseil municipal.

La mobilisation des agriculteurs des Hautes-Pyrénées intervient dans un contexte sanitaire alarmant. Un premier foyer de dermatose nodulaire contagieuse a été détecté récemment dans le département, entraînant l’abattage automatique du troupeau concerné. Une situation qui cristallise les tensions dans un secteur déjà fragilisé.

Sur les 90 000 bovins du département, environ 30 000 sont déjà vaccinés. Mais la situation reste précaire. « La vaccination est efficace au bout de vingt et un jours”, confie un agriculteur. Le problème se complique avec le vaccin actuel, qui contient un virus vivant atténué : « On injecte la maladie directement à l’animal. Du coup, l’exploitation vaccinée perd son statut indemne. »

Les vétérinaires, dont certains retraités ont été réquisitionnés, vaccinent « la tête dans le guidon« . Mais les éleveurs soulignent que cette mobilisation détourne une partie des agriculteurs des points de blocage, fragilisant le mouvement de protestation.

Des enjeux qui dépassent la crise sanitaire

Au-delà de la dermatose, les agriculteurs pointent l’accumulation des difficultés : le Mercosur, la gestion de l’eau face au changement climatique, et une agriculture française mise en concurrence déloyale. Le département des Hautes-Pyrénées présente une particularité : c’est « le seul département en France qui possède deux races ovines et bovines » locales fragiles. Une richesse patrimoniale menacée par la crise.

Un symbole fort à Lourdes

Le choix de Lourdes n’est pas anodin. « Nous sommes venus à Lourdes car les scientifiques n’ont jamais voulu admettre qu’il s’était produit des miracles et nous espérons« , lance un agriculteur. Face à un comité scientifique partagé qui doit se réunir lundi 23 décembre, les agriculteurs espèrent un changement de cap sur la stratégie d’abattage.

La mobilisation devrait se poursuivre pendant les fêtes de fin d’année. « Quand je me lève, la première des choses, j’ai la boule au ventre. J’ai peur que ça m’arrive« , confie un éleveur. Une angoisse partagée par des centaines d’agriculteurs du département, qui attendent des réponses concrètes et rapides pour sauver leurs exploitations.

 

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