La commémoration de la Libération de Lourdes s’est déroulée mercredi 19 août en trois temps. D’abord à 10 h, à l’Hôtel de Ville, pour la présentation du portrait de Marie Gabrielle Jeanne Chayé, résistante lourdaise, puis au cimetière de Langelle pour déposer une gerbe sur la tombe du Capitaine Auzon et enfin, devant la plaque commémorative située avenue de la Gare pour la cérémonie solennelle.
Cette cérémonie a été présidée par Thierry Lavit, le maire, Jean-George Crabarie, conseiller délégué aux associations patriotiques et à la sécurité publique, de Marie Plane et Stéphane Peyras, conseillers départementaux, des élus du Conseil municipal ainsi que des présidents et membres d’associations patriotiques, du SDIS, les porte-drapeaux et des représentants des Forces de l’ordre et de secours.
Reconnaissance pour Marie Gabrielle Jeanne Chayé
La cérémonie a débuté par la présentation du portrait de la résistante lourdaise en salle du Conseil municipal, en présence de sa famille, qui rejoint ainsi le mur d’hommage aux résistantes lourdaises honorées en 2024 et 2025 : Radegonde Callet, Alice Carrazé, Reine Basterre et Henriette Collongue.
“Il y a des noms que l’Histoire ne doit pas laisser disparaître. Il y a des destins qui méritent d’être racontés. Et il y a des femmes dont le courage doit être transmis aux générations qui viennent”, a rappelé Thierry Lavit.
Jeanne Chayé, née Lascabes le 4 décembre 1898, refuse pendant l’Occupation la soumission à l’ennemi. Son engagement dans la Résistance lui vaut d’être qualifiée par les documents officiels de “magnifique patriote”. Elle est arrêtée le 20 août 1943 pour faits de résistance, puis emprisonnée jusqu’au 29 janvier 1944. Le lendemain, elle est déportée au camp de concentration de Recklinghausen. Portée disparue en mai 1945 par les documents officiels, elle est décédée, selon les archives familiales, en mars 1945, à l’âge de 46 ans.
À titre posthume, la République lui décerne la Médaille militaire, la Croix de guerre avec Palme et la Médaille de la Résistance française, en reconnaissance de son courage et de son sacrifice.
Comme l’a souligné Thierry Lavit, “les femmes furent elles aussi des actrices essentielles de la Résistance. Elles ont transporté des messages, caché des personnes, transmis des informations, soutenu des réseaux.”
Le président du Comité départemental de la Résistance a tenu à rappeler l’importance du rôle joué par la ville : “Il faut être conscient que Lourdes était une grande ville de Résistance. Pourquoi ? Parce qu’ici on cachait des gens. Beaucoup doivent la vie au fait qu’ils sont venus à Lourdes.”
Ensuite, le Maire a invité l’assemblée à se diriger vers le cimetière de Langelle afin de rendre hommage au Capitaine Honoré Auzon et à tous les résistants lourdais. Un dépôt de gerbe a été effectué par Madeleine Navarro présidente du Souvenir Français, accompagnées de Thierry Lavit, de Jean-Georges Crabarie, de Marie Plane et Stéphane Peyras. Ce dépôt de gerbe a été suivi de la sonnerie Aux Morts, d’une minute de silence puis de La Marseillaise.
À 11 h, la cérémonie commémorative a pris place, avenue de la Gare devant la plaque commémorative placée sur la façade de l’hôtel Beauséjour/Best Western (Le Parc).
Le 3 septembre 1939, deux jours après l’invasion de la Pologne, la France et le Royaume-Uni déclarent la guerre à l’Allemagne. Le 14 juin 1940, les troupes allemandes défilent à Paris, sur les Champs-Élysées et cinq jours plus tard, elles sont à Brest, neuf jours plus tard à La Rochelle.
Le 11 novembre 1942, la France entière est occupée. Venues de Bordeaux, les troupes allemandes pénètrent dans les Hautes-Pyrénées et de petites garnisons s’installent à Lourdes, à Tarbes et à Lannemezan.
L’été 1944 renverse le rapport de forces. Dès le 10 juin, les Francs-tireurs et partisans français tiennent le secteur de Bagnères. Et le 19 août, c’est ici même, devant l’hôtel Terminus (aujourd’hui l’hôtel Beauséjour/Best Western) que le commandement allemand de Lourdes remet sa reddition au capitaine Honoré Auzon, sans un heurt et sans un combat.
Cette capitulation fut l’une des premières du Sud-Ouest de la France.
Le Chant des Marais a été diffusé, précédant le discours du Maire. “Se souvenir, c’est rendre justice. C’est aussi transmettre. Car la liberté, la paix et la démocratie que nous considérons parfois comme acquises sont le fruit de combats et de sacrifices.” a déclaré Thierry Lavit
S’en sont suivis deux dépôts de gerbe par :
- Deux membres de l’ANACR, au nom du président de l’association.
- Thierry Lavit et Jean-George Crabarie.
La cérémonie s’est terminée par la sonnerie Aux Morts, suivie d’une minute de silence, de La Marseillaise et d’un lâcher de pigeons par l’Entente Colombophile.
L’assemblée a ensuite été conviée à partager la collation de l’amitié.